Chicken Run
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Le Préfet des Deux-Sèvres autorise une extension d’élevage de 30 000 à 143 000 volailles à Clessé, entre Bocage et Gâtine, dans la droite ligne des choix prioritaires du gouvernement en matière d’agriculture : soutien sans faille à l’agrochimie céréalière et aux élevages industriels.

En Gâtine et Bocage la perte des ICHN (Indemnité Compensatoire de Handicap Naturel) se traduit par l’accélération de la disparition d’élevages à l’herbe remplacés par des ateliers d’élevages hors-sols et le développement de cultures de céréales qui ont pour conséquence la disparition de prairies permanentes, l’arrachage de haies, le drainage de zones humides et des champs glyphosatés qui se teintent d’orange. Conséquences que chacun.e déplore sans que l’administration s’y oppose sérieusement malgré les graves conséquences sur les milieux aquatiques (quantité et qualité de l’eau).

En pleine période de crise sanitaire, au moment où la communauté scientifique affirme que la santé humaine dépend du maintien de la biodiversité sur Terre, que l’élevage industriel participe aux crises sanitaires, animales (grippe aviaire par exemple) et humaines et accentue les risques de pandémies liées au déséquilibre du rapport des humains avec la nature*, Monsieur Le Préfet ne trouve rien de mieux que de valider un projet d’élevage intensif géant qui produira certainement pour le marché de l’exportation ou la grande distribution.

Il s’appuie sur des normes totalement iniques mais légales (30 poulets au m2) et sur une commission départementale (CODERST) où les consommateurs et les protecteurs de l’environnement sont quantité négligeable face aux représentant.e.s de l’agriculture industrielle et de l’administration.

Alors que l’avenir de la Politique Agricole Commune (PAC) est en discussion, il est grand temps que le gouvernement français prenne ses responsabilités et cesse d’être la courroie de transmission de la FNSEA. Un syndicat agricole dont la présidente est aussi actuellement à la tête de son équivalent européen (Copa/Cogeca) et qui a oublié depuis longtemps de défendre une agriculture paysanne, soucieuse du revenu des petites fermes, du consommer local et de la santé des consommateurs au profit de l’industrialisation de l’agriculture, et de la concentration des coopératives agricoles.

* livre de Lucile Leclair « Pandémie, une production industrielle »

Monique Johnson, Porte-parole du GL EELV Deux-Sèvres 06 15 81 05 69  Virginie Léonard et Serge Morin, Co-secrétaires du GL EELV Deux-Sèvres