Gestion publique de l’eau à la CAN : pour quelle gestion humaine ?
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Niort, le 16 avril 2021

Gestion publique de l’eau à la CAN : pour quelle gestion humaine ?

Sur le territoire de la Communauté d’Agglomération Niortais (CAN), 2 syndicats celui du niortais, Syndicat des eaux du Vivier (SEV) et celui de la vallée de la Courante (SEVC) alimentent 26 communes sur 40. Le premier est sous gestion publique, le second en délégation de service privé (à la SAUR avec un contrat qui arrive à échéance au 31 12 2021). L’enjeu de regrouper les deux syndicats sous gestion publique en créant une Société Publique Locale (SPL) est tout à fait louable. EELV défend cette gestion publique de l’eau, bien commun que l’on doit soigneusement préserver de toutes les pollutions urbaines, industrielles et agricoles ou des prélèvements excessifs.

Lors du dernier conseil de la CAN, des garanties ont été apportées pour que cette gestion ne repasse pas au privé de façon insidieuse :  les 4 actionnaires (syndicats publics) sont engagés pour un minimum de 12 ans.  Il a été aussi confirmé que le prix de l’eau facturée au consommateur géré par le public (ici le SEV) était inférieur à celui du SEVC (géré par le privé).  Le regroupement au sein d’un service public unique serait donc favorable au consommateur, comme très souvent.

Une gestion humaine désastreuse

En revanche la façon dont le projet a été porté depuis plus de 16 mois à la CAN a provoqué la mobilisation du personnel. Pendant toute cette période, la CAN a bloqué toute embauche en refusant de remplacer les départs. Ainsi le service de « distribution de l’eau » du SEV qui assure la continuité et la qualité de l’eau 24h/24h aux 35 000 abonnés a fondu : l’effectif est passé de 19 personnes en 2019 à moins de 13 en février 2021 !  Or il s’agit de postes très qualifiés (automatisme/électricité) avec des profils recherchés, difficiles à recruter. L’incompréhension du personnel est montée durant tous ces mois, provoquant même des départs volontaires aggravant encore plus la situation sans parler de la baisse de qualité du service et du mécontentement des usagers.

L’exaspération du personnel est compréhensible, et EELV les soutient complètement.

Où sont les responsabilités ?

L’objectif de faire des économies de personnel était clairement affiché dans certains discours.   Par ailleurs les lourdeurs administratives de la gestion de la CAN, le refus de sortir des grilles figées de la fonction publique ou de trouver des solutions de portage salarial, ont contribué à ce blocage de plus de 16 mois.  La confiance des salarié.e.s dans la parole des élu.e.s et la structure administrative de la CAN a donc été sérieusement atteinte.

 La suite ?

Sous la pression syndicale, le dialogue social a récemment repris, avec un planning de travail et de concertation présenté aux salarié.e.s et aux élu.e.s de l’agglomération.  Des garanties ont été apportées sur les acquis sociaux. La CAN a enfin voté ce 12 avril des solutions de portage salarial. Mais le temps perdu ne sera pas rattrapé d’ici décembre 2021. Or cette fusion qui entraîne des changements organisationnels importants, impose de regagner la confiance des salarié.e.s, dont l’inquiétude est légitime, compte tenu de l’historique du pilotage de ce dossier. Ils/elles doivent être associé.e.s à la co-construction de la SPL. Il faut se donner du temps pour aboutir, donc adapter le planning prévu à la réalité. 

EELV Deux-Sèvres souhaite vivement que les usagers ou associations d’usagers soient aussi associés dans le collège des « censeurs »  explicitement prévu dans les statuts d’une SPL.

Contact presse : François Gibert, élu ELV à la CAN        06 82 59 06 76

Virginie Léonard et Serge Morin, Co-secrétaires du GL EELV Deux-Sèvres