A Niort, les étudiant.e.s galèrent pour se loger et les prix flambent !
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Le studio étudiant à Niort coûte 450€ /mois, soit un tiers du SMIC et les bonnes âmes feignent de découvrir le problème ! Parallèlement plus de 3000 logements sont inoccupés et des passoires thermiques sont louées à prix d’or.

Déjà avec 2500 étudiants à Niort (chiffres moyen de 2009 à 2018), le marché était tendu. Le phénomène s’est amplifié après la période du COVID et la politique d’arrivée massive d’étudiants.

D’abord cette politique locale a été mal préparée : le maire de Niort affiche un objectif de 5000 étudiant.e.s sans développer une politique de logement et d’accueil en conséquence. Pour accueillir les 3500 étudiants de la rentrée 2023, n’ont été mis en chantier que 200 logements supplémentaires : les résidences construites route de Nantes (70 logements fin 2023), la petite de la tour Chabot (2024) et l’agrandissement du foyer du Clou Bouchet (2024). La seule certitude c’est que les loyers moyens de studio sont passés en 3 ans de 270 à 450 €, sans pour autant satisfaire la demande ! Plongeant dans le désespoir des étudiant.e.s en recherche de logement. Vouloir faire des études à Niort sans pouvoir ni ne se loger ni pouvoir déjeuner à des prix raisonnables, c’est la politique mal structurée portée par la majorité municipale.

Le prix excessif du logement est aussi un reflet général de notre mal social : ces 25 dernières années le patrimoine s’est concentré dans quelques mains (3,5 % des ménages en France possèdent plus de 5 logements) source INSEE. A Niort, moins d’un millier de personnes possèdent directement, ou indirectement (via une SCI), 50 % du total du parc immobilier privé. Ces personnes « les 5 % les plus riches », contrairement aux idées reçues, ne cherchent pas forcément à louer, louer apportant une rentabilité faible surtout si l’on rapporte le loyer non pas au prix d’acquisition mais à son prix de « marché » actuel. Pour elles, il est plus facile de conserver cette valeur refuge en attendant tranquillement la plus-value qui se réalisera un jour quand les pouvoirs publics rénoveront la rue ou le quartier.  Malgré la crise de 2008, le prix de l’immobilier a été multiplié par 3 en 25 ans !

Cette inflation de l’immobilier est aussi une conséquence de l’importance des liquidités dont disposent les riches, augmentées avec les allègements successifs d’impôts (notamment sur les revenus du capital avec la flat tax) et la distribution de prêt à taux faible des années 2008 -2022 qui a beaucoup bénéficié à cette classe. Plutôt que d’investir pour un futur à horizon incertain, ces riches préfèrent la valeur refuge que constitue l’immobilier actuel. « Ça montera toujours ! ». Le phénomène s’est accentué avec le COVID et le télétravail, quand des parisiens n’hésitent pas à acheter dans les villes moyennes, même pour un pied à terre. 

Nos propositions :

– 1 Mettre en place un encadrement des loyers pour garantir à toutes et tous des prix raisonnables.

– 2 Proposer une taxe dissuasive sur tous les logements « vacants » afin de contraindre les propriétaires à rénover ou à vendre à des acteurs capables de produire ces logements. Une taxe d’habitation sur logements vacants (THLV) existe à Niort mais à des taux non incitatifs qui ne concernent que 540 logements, alors qu’il existe une TLV nationale, jusqu’à 34% de la valeur locative applicable après une année de vacance.

– 3 Développer une croissance lente et consolidée de l’offre étudiante avec des formations correspondant à nos vrais besoins, tout en accélérant la rénovation /construction de logements : la ville et l’agglo disposent en effet de Sociétés d’économie mixte qui pourraient être plus ambitieuses.

Pour permettre aux étudiant.e.s de vivre plus décemment et de se consacrer totalement à leurs études, nous avons besoin de telles mesures courageuses !

Groupe EELV DEUX-SEVRES

Le 25 septembre 2023

Contact : françois GIBERT 06 82 59 06 76